Vous débutez dans l'achat de saphirs ? Commencez par notre guide d'achat du saphir — couleur, origine, traitement et prix, en une seule page — puis revenez ici pour la forme ronde en particulier.
Un saphir rond n'est pas taillé comme un diamant rond, et la différence vaut d'être comprise avant d'acheter. La taille dite ronde a été mise au point pour l'optique du diamant. Le brut de saphir n'a pas la forme du brut de diamant. Aucun de ces deux faits ne se voit sur une photographie, et tous deux changent ce qu'un saphir rond coûte et la façon dont il se comporte dans une bague.
Cette page explique pourquoi le façonnage diffère, ce que le contour rond réussit, ce qu'il vous coûte, comment regarder vous-même un saphir rond, à quoi penser au moment de le faire sertir, et à qui la forme convient. Elle explique aussi pourquoi il n'existe pas de note de taille pour un saphir, et c'est la raison pour laquelle elle décrit ce qu'il faut regarder au lieu de publier un barème.
Trois sujets s'ajoutent, parce qu'un acheteur en France en a besoin et qu'ils ne se déduisent pas du reste : le vocabulaire de l'atelier, la question de la dénomination — qui en France ne porte pas sur le mot que l'on croit —, et les articles du code de la consommation qui décident de ce qu'un vendeur a le droit d'écrire sur la solidité et sur le prix d'une pierre.
Pourquoi un saphir rond n'est pas taillé comme un diamant rond
La taille ronde a été mise au point pour tirer le meilleur retour de lumière du diamant, et ses proportions sont calculées autour de l'optique du diamant. L'indice de réfraction du diamant est de 2,42 ; celui du corindon, le minéral auquel appartient le saphir, va de 1,762 à 1,770. Les mêmes proportions ne produisent pas le même effet dans les deux matériaux.
Les lapidaires donnent donc à un saphir rond des angles de facettes et des proportions différents de ceux d'un diamant rond. Le GIA imprime pour chaque pierre qu'il examine une forme et un ou plusieurs styles de taille, et notre fiche reprend ses mots : sur certains rapports la couronne et le pavillon sont désignés séparément, et la fiche porte alors les champs que le rapport imprime. Nous ne citons aucun nombre de facettes : un tel chiffre appartient au type de taille et non à la pierre qui est devant vous.
La seconde différence est dans le brut. Le brut de saphir se présente le plus souvent en prisme hexagonal allongé ou en tonnelet, et non en bloc compact. Tailler un rond dans cette forme écarte une plus grande part du cristal que tailler un ovale ou un coussin, qui suivent son allongement naturel. Dit autrement : le même morceau de brut donne un rond plus petit qu'il n'aurait donné un ovale. C'est de la géométrie, et vous pouvez la vérifier vous-même sur n'importe quel dessin de cristal de corindon.
Pourquoi il n'existe pas de note de taille pour un saphir
Presque tout ce qui s'écrit en français sur la taille du saphir est du texte sur le diamant avec le nom de la pierre remplacé. Pour un diamant rond, il existe un barème de taille publié. Pour un saphir, il n'en existe aucun, et ce n'est pas un oubli.
Le GIA écrit qu'il « n'attribue pas de note et ne réalise pas d'analyse de qualité pour le saphir ni pour les autres pierres de couleur ». Le LMHC — le Laboratory Manual Harmonisation Committee, dont les fiches d'information harmonisent la rédaction des rapports entre les grands laboratoires — n'en a publié aucune qui concerne la qualité de taille d'une pierre de couleur. La CIBJO définit la catégorie et s'arrête là.
Et il y a une raison matérielle à cette absence, qui vaut mieux qu'un simple constat : il n'existe pas de proportion cible commune à toutes les couleurs. Une pierre pâle et une pierre fortement saturée ne demandent pas la même profondeur, puisque la lumière traverse plus de matière dans l'une que dans l'autre avant de revenir à l'œil. Il n'y a donc aucune valeur de référence à laquelle comparer la proportion d'une pierre donnée. Ce n'est pas qu'un barème manque : c'est qu'un barème unique n'aurait rien à mesurer.
Nous en tirons une conséquence. Nous ne publions ici aucun seuil chiffré, dans aucune direction. Pas de valeur à atteindre, pas de valeur à éviter, pas de tolérance. Ce qui remplace le chiffre, ce sont les choses qu'un rapport et une facture consignent réellement — les dimensions de la pierre, son poids, son traitement, et la documentation qui l'accompagne — plus ce que nous voyons dans la pierre et pouvons vous en dire. Là où cette page décrit l'aspect d'une pierre, c'est notre propre description, et aucun document ne peut être produit pour l'étayer.
Pour la version générale de l'argument, notre comparaison entre le saphir et le diamant explique pourquoi il n'existe pas d'équivalent des 4C du diamant pour le saphir.
Contrairement aux diamants ronds, les saphirs ronds ne font l'objet d'aucune notation de taille normalisée. Le GIA ne délivre pas de note de taille pour les pierres de couleur.
Ce que le contour rond réussit
Un retour de lumière homogène
Les facettes d'un rond sont disposées symétriquement, de sorte que la lumière revient de façon égale depuis toutes les directions et que la pierre paraît vivante sous n'importe quel angle. D'après ce que nous constatons, c'est précisément ce que cherchaient les acheteurs qui ont choisi un rond. C'est une description du comportement du contour, et non une note : il n'existe aucune échelle à laquelle la noter.
Les montures
Les pierres rondes sont celles pour lesquelles les montures calibrées du commerce sont dimensionnées : un saphir rond se place dans un chaton déjà prêt et se remonte sans difficulté par la suite. Une forme fantaisie a une longueur et une largeur à faire correspondre, et pas seulement un diamètre, de sorte que sa monture doit convenir aussi à ses proportions.
Aucune orientation à décider
Un rond n'a pas de grand axe : il se présente de la même façon sous tous les angles et dans toutes les positions de sertissage. Un ovale a un rapport longueur-largeur qui change sa lecture dans la bague, et l'arrondi des angles d'un coussin varie d'une pierre à l'autre. Si vous préférez ne pas avoir cette décision à prendre, le rond est le contour qui ne vous la demande pas.
Des diamètres calibrés
Les saphirs ronds sont taillés aux diamètres calibrés standard exprimés en millimètres, et c'est ainsi qu'une monture faite pour une pierre ronde définit son logement. Associer un rond à une monture du commerce ou semi-sur-mesure en devient simple, parce que vous faites correspondre un seul diamètre et non une longueur et une largeur.
Ce que le contour rond vous coûte
Le prix au carat
Parce que tailler un rond écarte une plus grande part du brut, un saphir rond coûte en général plus cher au carat qu'un ovale ou un coussin de même couleur et de même pureté. C'est le mécanisme, et il est vérifiable sur la géométrie du cristal. De combien plus ? Cela dépend de la pierre, et chaque pierre est tarifée sur sa propre fiche.
Vous ne trouverez sur cette page ni fourchette de prix, ni prix au carat, ni multiplicateur. Les raisons sont développées plus bas, et l'une d'elles est juridique et proprement française.
La profondeur, et la quantité de couleur que vous voyez
La profondeur de taille d'une pierre agit sur la quantité de couleur que vous voyez de dessus, parce que la lumière parcourt plus de matière dans une pierre profonde que dans une pierre plate avant de revenir à votre œil. Les ronds sont taillés dans une large plage de profondeurs, et les ovales aussi : c'est la profondeur de la pierre individuelle qui décide de cela, et non son contour. La profondeur figure sur le rapport, et nous vous dirons ce qu'une pierre donnée mesure.
La surface apparente pour le poids
Celui-ci se retient facilement à l'envers, donc disons-le simplement. À poids égal, un saphir rond et un saphir ovale occupent presque la même surface vue de dessus. L'ovale paraît quand même la pierre la plus grosse, parce qu'un contour allongé paraît plus grand qu'un contour compact de surface égale. Si vous voulez que la pierre paraisse grosse au doigt, c'est la raison de choisir un ovale — et non une différence de surface couverte.
Nous insistons parce que l'affirmation inverse figure encore sur certaines de nos propres pages françaises, et parce qu'elle est fausse contre nos propres pierres mesurées. Notre guide des dimensions du saphir porte les mesures en millimètres, relevées sur nos pierres et datées. Nous y renvoyons plutôt que de recopier ses chiffres ici, pour la raison simple qu'un chiffre recopié ne vieillit pas avec sa source.
Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'un saphir paraît plus petit au carat qu'un diamant, dans n'importe quel contour, parce que le saphir est le plus dense des deux matériaux. Le guide des dimensions indique ce que cela donne en millimètres.
Trouver celle que vous voulez
Si vous cherchez une couleur précise à une grosseur précise et en rond, cela peut nous prendre du temps. Dites-nous ce que vous cherchez et nous vous dirons si nous l'avons ou si nous pouvons l'obtenir, plutôt que de vous proposer autre chose à la place.
Comment regarder un saphir rond
La couleur
La couleur est la première chose à régler, et c'est la seule qu'aucun laboratoire ne note. Ce que vous regardez, ce sont trois propriétés distinctes :
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La teinte — la couleur est-elle pure ou porte-t-elle une composante secondaire. Dans un bleu, cela veut généralement dire une composante violette ou verte ; dans un rose, une composante orangée. Ce que vous préférez vous appartient, et beaucoup d'acheteurs préfèrent un bleu avec peu ou pas de secondaire.
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Le ton — la pierre est-elle claire ou foncée. Beaucoup d'acheteurs s'arrêtent sur un ton moyen à moyen-foncé dans le bleu. Une taille ronde peut rendre plus pâle encore une pierre de ton clair : si vous hésitez entre deux pierres, la plus saturée des deux est en général le choix le plus sûr en rond.
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La saturation — la force de la couleur, et la présence éventuelle de gris ou de brun qui la ternit.
Aucune de ces trois propriétés n'est une valeur notée, de sorte que ce entre quoi vous choisissez, c'est une pierre et une autre, côte à côte si vous le pouvez. Nous ne publions pour cette raison aucun adjectif de qualité à la place d'une note, et nous préférons vous envoyer une vidéo de la pierre qu'un adjectif.
La qualité de taille, et ce qu'on regarde dans un rond
Juger de la taille d'un rond consiste à regarder la pierre elle-même. Voici ce que nous regardons. Aucun de ces points ne porte de seuil chiffré, pour la raison donnée plus haut : il n'y a pas de valeur de référence à laquelle le comparer.
La fenêtre. Une fenêtre est une zone transparente visible de dessus au centre de la pierre, où la lumière passe tout droit au lieu de revenir. Posez la pierre table en haut sur un fond blanc : si vous distinguez le fond à travers le milieu, la pierre a une fenêtre. Dans un rond, cela signifie généralement que le pavillon a été taillé trop plat — du diamètre gagné au prix du retour de lumière. Une fenêtre rend la pierre pâle, aussi bonne que soit sa couleur.
L'extinction. L'extinction est l'inverse : des zones sombres, souvent un anneau ou un ensemble de plages, où la lumière est absorbée au lieu d'être renvoyée. Un peu d'extinction est normal dans toute pierre de couleur. Quand un rond paraît sombre sur une grande partie de sa face, c'est généralement la profondeur du pavillon ou l'angle des facettes, et vous le voyez sans rien mesurer. Nous ne donnons ici aucun seuil : c'est notre appréciation d'une pierre, pas une valeur notée.
La symétrie. La symétrie se voit davantage dans un rond que dans une forme fantaisie. Des facettes posées irrégulièrement, une colette décentrée — la colette est la pointe du pavillon — ou un contour de rondiste irrégulier se voient tous de dessus. Un rond bien taillé doit avoir l'air rond : pas vaguement ovale, pas polygonal. Nous n'indiquons pour cela aucune tolérance en millimètres ; ce qui se juge ici se juge à l'œil, et l'écart entre les deux diamètres du rapport est la mesure qui existe réellement.
Le rondiste. Nous cherchons un rondiste d'épaisseur régulière. Un rondiste très épais porte du poids que vous ne voyez pas, et la pierre paraît alors plus petite que son poids en carats ne le laisse attendre ; un rondiste très mince ou ondulé est une taille irrégulière. C'est notre propre avis sur ce qu'il faut préférer, et non une norme publiée.
L'anatomie de la pierre, en français
Un acheteur français qui veut poser la bonne question a besoin des mots. De haut en bas :
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La table — la facette plate du dessus.
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La couronne — tout ce qui est au-dessus du rondiste.
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Le rondiste — la ceinture, la ligne la plus large de la pierre, là où la monture la tient.
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Le pavillon — la partie inférieure, sous le rondiste. Le mot culasse est également correct en français et vous le rencontrerez ; nos pages emploient pavillon.
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La colette — la pointe du pavillon, en bas.
Deux expressions complètent la liste : vu de dessus, pour l'aspect qui compte au doigt, et la surface apparente, pour l'étendue que la pierre occupe dans cette vue. Avec ces mots vous pouvez demander une précision sur un point précis de la pierre ; sans eux, la question reste une impression.
Les mesures sur le rapport
Un rapport donne les dimensions d'une pierre ronde sous la forme d'un diamètre minimum, d'un diamètre maximum et d'une profondeur, dans cet ordre — une plage et non un nombre unique, écrite ainsi :
6.42 - 6.63 x 4.76 mm
L'écart entre les deux diamètres est ce qui vous dit si le contour est vraiment rond, et il vaut la peine de le demander. Demandez-nous ce qu'une pierre mesure et nous le lirons sur le rapport plutôt que de le décrire.
Et une remarque dont seul un lecteur français a besoin : le point de cette chaîne est un séparateur décimal, pas un séparateur de milliers. Lue à voix haute, la ligne dit 6,42 à 6,63 mm de diamètre pour 4,76 mm de profondeur. Nous reproduisons la chaîne telle que le laboratoire l'imprime, sans la retypographier, parce que c'est exactement à cet endroit qu'une plage minimum-maximum se transforme par accident en deux diamètres distincts. Un lecteur français qui voit 6.42 sans cette remarque peut lire six cent quarante-deux.
La pureté
Nette à l'œil — aucune inclusion visible de dessus à distance normale d'observation — est ce que nous cherchons dans une pierre centrale ronde. Un rapport de pierre de couleur du GIA ne porte aucune note de pureté, de sorte que toute description de pureté que vous lisez chez nous est notre propre appréciation, et la fiche le dit. Le contour rond et son facettage symétrique peuvent rendre une inclusion légèrement plus visible qu'un facettage asymétrique ne le ferait. Regardez sous une lumière de pièce ordinaire, et pas seulement à la loupe.
Le mot français est pureté, et non clarté, qui est un calque de l'anglais.
Les couleurs de saphir rond pour une bague de fiançailles
La taille ronde fonctionne dans toutes les couleurs du saphir, et chacune y apporte quelque chose de différent. Ce qui suit est notre lecture, pas un classement : nous n'établissons aucune hiérarchie entre les couleurs, et aucun laboratoire n'en publie.
Le saphir bleu
Un saphir bleu du Sri Lanka — le négoce l'appelle saphir de Ceylan, ce qui nomme la pierre et ne dit rien de sa qualité — à ton moyen se présente bien en rond, et le retour de lumière homogène convient à un bleu régulier. Un rond bleu a une identité visuelle forte, en particulier dans un halo, où une pierre centrale ronde entourée d'un cercle de diamants ronds se lit comme un seul dessin concentrique.
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Le saphir rose
Un rose fortement saturé reste vif sous tous les angles dans un rond, et la symétrie du contour lui convient. Nous aimons un saphir rose rond en or blanc ou en platine ; c'est une préférence et non une règle. Sur un devis vous lirez parfois or gris : c'est le mot de l'atelier pour le même métal, et il est plus exact que or blanc.
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Le saphir jaune
Un saphir jaune rond se rapproche, vu de dessus, de l'aspect d'un diamant jaune, et il fonctionne en or jaune aussi bien qu'en blanc. Le jaune est l'une des couleurs que nous proposons non chauffées comme chauffées, et chaque fiche indique laquelle.
Un point de vocabulaire qui compte, et que la langue française rend facile à confondre : « non chauffé » ne veut pas dire « non traité ». Ce sont deux affirmations différentes. « Non chauffé » porte sur la chaleur et sur rien d'autre. Lorsqu'une pierre n'a reçu aucun traitement d'aucune sorte, nous le disons séparément, et ce n'est pas la même phrase. Là où une pierre est accompagnée d'un rapport de laboratoire, nous nommons le laboratoire et le numéro du rapport sur sa fiche ; là où elle n'en a pas, nous le disons simplement.
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Le saphir teal
« Teal » est notre propre mot de négoce et non un terme de laboratoire : un rapport imprime son propre terme de couleur pour la pierre, et la fiche donne les deux, pour que vous voyiez lequel est lequel. Dans un rond, les facettes renvoient la lumière de façon égale depuis toutes les directions. Chaque fiche indique aussi l'origine de la pierre et son traitement. Si vous cherchez un teal précis en rond, dites-le-nous et nous vous dirons ce que nous avons.
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Le saphir blanc
Dans un rond, un saphir blanc est ce dont le saphir se rapproche le plus de l'aspect d'un diamant rond — et c'est aussi dans ce contour que la différence est la plus visible. L'indice de réfraction du diamant est de 2,42 contre 1,762 à 1,770 pour le corindon, et le diamant disperse la lumière en couleurs spectrales plus fortement, de sorte que les feux diffèrent même là où l'impression vue de dessus est voisine. C'est une différence entre deux matériaux, et non un verdict sur l'un ou sur l'autre : c'est la chose à regarder avant de décider.
Nous ne vous dirons pas qu'un saphir blanc remplace un diamant, et nous n'emploierons pas le mot « diamant » pour en désigner un. En France, ce n'est pas seulement une question de prudence commerciale : c'est une règle de dénomination, et elle est expliquée dans la section suivante.
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Rond, brillant, diamant : ce que le français réserve vraiment
Sur une page consacrée aux saphirs ronds, la question de la dénomination se pose forcément, parce que la forme ronde est celle que le vocabulaire du diamant a colonisée. Mais en français elle ne porte pas sur le mot que l'on croit, et c'est utile à savoir.
Le mot brillant n'est pas un terme réservé en français
En allemand, le mot Brillant est réservé par l'usage du négoce au diamant de taille ronde, où il ne désigne que lui. Le français n'a pas d'équivalent de cette règle. Nous l'avons vérifié plutôt que de le supposer : la recommandation de terminologie du diamant publiée en français ne définit pas le mot brillant et ne le réserve à rien.
Il ne suit pas de là que l'expression taille brillant soit un bon choix. Elle a un autre défaut : aucune source française de référence ne la définit. Ni le texte réglementaire, ni la CIBJO — qui publie en anglais —, ni les dictionnaires terminologiques. Elle circule, y compris sur nos propres pages, mais une expression qui circule n'est pas une expression définie, et nous ne nous appuierons pas sur un terme dont personne ne publie le contenu. Les joailliers français qui vendent des saphirs du Sri Lanka écrivent, eux, simplement « Ronde ».
Les formes que nous employons, et pourquoi :
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saphir rond — masculin, parce que l'accord se fait avec saphir.
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forme : ronde — féminin, parce que l'accord se fait avec forme. Les deux coexistent légitimement sur une même fiche, et ce n'est pas une incohérence : Forme : Ronde et Taille : Rond s'écrivent côte à côte chez des négociants français. L'accord suit le mot qui précède, pas la pierre.
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facettage brillanté, ou une couronne taillée en brillant lorsque le rapport désigne une moitié de la pierre en particulier. Attachée à une moitié nommée, l'expression dit quelque chose de vérifiable ; employée comme étiquette de la pierre entière, elle ne dit rien que l'on puisse contrôler.
Nous n'employons pas taille mixte. La définition française publiée de cette expression exige la présence simultanée de surfaces non facettées et de facettes ; les pierres dont parle cette page sont facettées de part en part, de sorte que la classification serait fausse — et la nommer en la corrigeant ne la rend pas moins fausse.
Le mot que le français réserve, c'est diamant
Voici la règle qui existe réellement, et elle est dans le même texte que celui qui encadre la déclaration des traitements : le décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002 réserve le mot « diamant », employé seul, au diamant naturel — son article 4, d'après la décision ministérielle citée ci-dessous ; nous n'avons pas lu l'article lui-même et nous le signalons. Une pierre fabriquée ne peut en France être désignée que par « diamant synthétique » ou « diamant de synthèse ».
Ce point a été confirmé récemment : saisi par un opérateur du commerce de la pierre de synthèse qui demandait une terminologie nouvelle, le ministère de l'Économie et des Finances a décidé, le 26 octobre 2023, de ne pas modifier le décret. L'expression « diamant de laboratoire » n'est donc pas utilisable en France, quoi qu'on lise ailleurs.
Pour cette page, la conséquence est directe et elle tombe au bon endroit : dans la section sur le saphir blanc. Un saphir blanc est un saphir. Le décrire par le mot « diamant » serait en France une dénomination fautive, et pas une image. Nous comparons donc deux matériaux — indice de réfraction, dispersion — et nous nous arrêtons là, sans conclure que l'un tient la place de l'autre.
Ce que nous ne tirons pas de ce décret. Il ne crée aucune désignation « pierre précieuse ». Ses articles 1 et 5 font l'inverse : ils écartent le couple « précieuse » / « semi-précieuse » au profit de « pierre gemme » pour les pierres formées dans un gisement naturel. Nous avons publié par le passé une lecture erronée de ce texte et nous l'avons retirée ; nous ne lui ferons pas dire davantage qu'il ne dit.
Pourquoi cette page ne publie ni barème ni fourchette de prix : L121-2, L121-3 et L121-4
Une page française qui parle de la taille et du prix d'une pierre écrit sous le régime des pratiques commerciales trompeuses, et il vaut la peine de dire lesquelles, parce que cela explique deux absences que l'on pourrait prendre pour de la paresse.
L'article L121-2 du code de la consommation vise la pratique qui repose sur des allégations fausses ou de nature à induire en erreur portant, entre autres, sur l'aptitude à l'emploi du bien et sur les résultats attendus de son utilisation. Une page qui dit à un acheteur ce qu'une pierre supportera au porter parle précisément de cela. L'article L121-3 ajoute l'omission : une information substantielle que l'on dissimule est au même titre une pratique trompeuse. Le silence n'est donc pas un abri ; c'est pourquoi cette page explique ce qu'elle refuse de publier au lieu de simplement l'omettre.
Et l'article L121-4 énumère les pratiques réputées trompeuses — celles qui n'ont pas à être appréciées au cas par cas. Son 17° se lit, dans le texte : « De communiquer des informations matériellement inexactes sur les conditions de marché ou sur les possibilités de trouver un produit ou un service, dans le but d'inciter le consommateur à acquérir celui-ci à des conditions moins favorables que les conditions normales de marché. »
C'est l'accroche exacte d'un seuil inventé ou d'une fourchette de prix inventée. Un barème de taille que nul laboratoire ne publie, une proportion « typique » qui ne l'est pas, une fourchette au carat qui décrit notre stock plutôt qu'un marché : ce sont des informations sur les conditions de marché, et si elles sont matériellement inexactes, la qualification ne demande pas qu'on démontre que le lecteur a effectivement été trompé. Son 7° vise dans le même esprit la rareté fabriquée dans le temps — déclarer faussement qu'un produit « ne sera disponible que pendant une période très limitée » afin d'obtenir une décision immédiate.
Précisons honnêtement la portée : le 17° comporte lui-même une finalité dans son texte — dans le but d'inciter —, de sorte qu'il ne se réduit pas à une erreur de plume. Ce qu'il retire, c'est la discussion sur l'effet : une pratique figurant à L121-4 est déloyale en toutes circonstances, sans qu'il faille établir qu'un consommateur donné s'est trouvé induit en erreur. C'est amplement suffisant pour qu'un vendeur sérieux s'abstienne de publier un chiffre qu'il ne peut pas sourcer.
La règle que nous appliquons : chaque pierre est tarifée sur sa propre fiche, et ces prix sont les prix du moment. Nous ne publions pas de fourchette pour les saphirs ronds. Une fourchette vieillit, et la nôtre décrirait notre propre stock et non un taux de marché.
Nos prix sont en dollars américains et s'entendent hors TVA à l'importation et hors droits de douane : ceux-ci sont perçus à la livraison dans votre pays et restent à votre charge. Prévoyez-les comme une ligne distincte du prix de la pierre.
Faire sertir un saphir rond
Le saphir est à 9 sur l'échelle de Mohs. L'échelle de Mohs ne mesure que la résistance à la rayure et à l'abrasion. Elle ne dit rien de l'ébréchure. Et l'échelle est ordinale — les écarts entre ses échelons n'ont pas de taille indiquée —, de sorte qu'un chiffre plus élevé d'un cran ne décrit aucune quantité connue d'écart.
Le corindon n'a pas de clivage, mais il a une séparation (parting), et un saphir s'ébrèche au rondiste ou sur une pointe. Le mot anglais accompagne le mot français à chaque fois que nous l'employons, et pour une raison précise : en français ordinaire, séparation évoque exactement l'image d'une rupture nette le long d'un plan, c'est-à-dire ce que le corindon ne fait précisément pas. Le terme technique anglais désigne autre chose : une tendance à se détacher selon des plans de faiblesse dus à la structure ou aux macles, qui n'a pas la régularité d'un clivage. Dire « pas de clivage, donc la pierre ne casse pas » est pour cette raison faux, et c'est une confusion courante.
Vous ne trouverez sur cette page aucun classement de dureté. Nous ne reproduisons pas la formule qui circule à ce sujet, même pour la réfuter. Trois raisons : l'échelle est ordinale, donc un rang n'est pas une quantité ; la dureté répond à une autre question que celle qui préoccupe l'acheteur d'une bague, qui est celle de l'ébréchure ; et la moissanite est à 9,25, ce qui suffit à défaire l'ordre que la formule suppose.
Pourquoi, sur un rond, c'est le rondiste qu'il faut protéger
Le point se vérifie sur la géométrie. Un contour rond n'a pas de pointe. Il n'a pas d'angle. En revanche son rondiste fait tout le tour de la pierre, mince et continu, sans interruption. Sur un rond, c'est donc le rondiste que la monture doit prendre en charge — non parce qu'un laboratoire le dit, mais parce que c'est la seule partie exposée de la pierre, et qu'elle est exposée partout à la fois.
C'est à cela que les quatre possibilités ci-dessous se mesurent.
Le solitaire à griffes
Quatre ou six griffes tiennent la pierre en laissant l'essentiel ouvert à la lumière. Six couvrent un peu plus de rondiste et le tiennent en davantage de points ; quatre laissent voir plus de pierre. Les deux conviennent à un rond.
Le halo
Un cercle de diamants sertis grain ou micro-grain autour d'une pierre centrale ronde donne un dessin concentrique et symétrique, et les pierres qui l'entourent font aussi paraître le centre plus large qu'il ne mesure. Cela convient particulièrement bien au bleu et au rose.
Le serti clos
Un serti clos complet donne un profil net et contemporain et met du métal autour de tout le rondiste, qui est la partie la plus exposée sur un rond. Il convient aux dessins modernes et épurés.
La monture cathédrale et le pavage
Un saphir rond dans une monture cathédrale avec les épaules pavées répartit l'éclat sur tout l'anneau en gardant la couleur comme point de mire. La pierre centrale ronde ancre le dessin.
C'est notre recommandation, tirée de la manipulation de ces pierres — aucun laboratoire ne publie de consigne sur les montures, et nous n'en rapportons aucune.
Le serti sur tension : la question à poser d'abord
Le serti sur tension tient la pierre par une pression permanente exercée sur le rondiste — c'est-à-dire exactement à l'endroit qu'une monture doit protéger sur un rond, et sur toute sa circonférence puisque le contour n'offre pas d'autre prise. Nous n'affirmerons pas qu'il est impossible sur un saphir rond, parce que nous n'avons pas de quoi l'affirmer et que personne ne le publie. Ce que nous pouvons vous donner, c'est la question à poser à l'atelier, en mots utilisables : « Quelle épaisseur de rondiste demandez-vous pour un serti sur tension, et comment contrôlez-vous la pression après la mise en place ? » Un atelier qui a une réponse précise à cette question en a une sur le reste.
Le vocabulaire de l'atelier français
Un acheteur français qui se présente chez un sertisseur gagne à nommer les choses comme la profession les nomme. Chaque ligne porte sa conséquence sur une pierre ronde.
| Le mot |
Ce qu'il désigne, et ce qu'il change sur un rond |
| le sertissage |
l'opération qui fixe la pierre. La phrase à employer pour un contrôle est « faire contrôler le sertissage » ; elle est comprise partout. |
| le sertisseur |
l'artisan qui la réalise. C'est à lui qu'il faut poser les questions, pas au vendeur de la monture. |
| les griffes |
les tenons qui pincent le rondiste. Sur un rond, elles se répartissent régulièrement ; c'est leur épaisseur qui compte, pas leur nombre. |
| le chaton |
le logement qui reçoit la pierre. Pour un rond calibré, il se définit par un seul diamètre. |
| le serti clos |
le métal entoure tout le rondiste. Sur un rond, c'est la seule monture qui le couvre intégralement. |
| le serti grain, ou perlé |
de petits grains de métal relevés retiennent les pierres. C'est le serti du pavage et des halos. |
| le serti rail |
les pierres sont tenues entre deux rails. Il concerne les épaules, pas la pierre centrale. |
| le rondiste |
la ceinture de la pierre. C'est la seule prise dont dispose une monture sur un rond. |
| le resserrage |
on resserre des griffes qui ont joué. C'est l'opération d'entretien courante. |
| le rhodiage |
la couche de rhodium qui donne son blanc à l'or gris. Elle s'use ; c'est un entretien, pas un défaut. |
Demander la mauvaise opération a un coût réel : un resserrage ne répare pas un chaton déformé, et faire déposer une pierre sensible à l'ébréchure pour rien lui fait prendre un risque sans bénéfice.
Les questions à poser avant de faire sertir la pierre
Nous n'affirmons rien sur un atelier en particulier : nous n'en savons rien et personne ne le publie. Ce que nous pouvons faire, c'est vous donner les questions qui font parler un bon sertisseur.
- Avez-vous le diamètre exact de la pierre, et le chaton est-il à cette dimension ou faut-il l'ajuster ?
- Comment prévoyez-vous de protéger le rondiste sur tout son tour, et pas seulement sous les griffes ?
- Les griffes seront-elles reprises en épaisseur, ou posées telles quelles ?
- Faut-il déposer la pierre pour cette intervention, ou pouvez-vous travailler la monture en place ?
- Que me rendez-vous par écrit sur ce qui a été fait ?
Ce qui fait le prix d'un saphir rond
La couleur en décide pour l'essentiel, puis le poids, puis le traitement et la documentation qui accompagne la pierre. Le contour ajoute une chose : un rond a consommé davantage de brut pour un poids fini donné, de sorte qu'il porte en général un prix au carat plus élevé qu'un ovale ou un coussin de même couleur et de même pureté.
Nous ne publions pas de fourchette de prix pour les saphirs ronds, et la section consacrée aux articles L121-2 et suivants dit sous quel article du code de la consommation cette abstention se place. Le prix se lit pierre par pierre, sur la fiche de la pierre, et il y est à jour.
Livraison gratuite aux États-Unis, sans minimum d'achat. Ailleurs, 60 $ forfaitaires, et gratuite au-delà de 499 $. Retour sous 14 jours sur toute commande.
Rond ou ovale ?
La plupart des acheteurs qui regardent un saphir rond devraient regarder un ovale aussi. La comparaison, en termes simples :
- À poids égal, les deux occupent presque la même surface vue de dessus. L'ovale donne l'impression d'être la pierre la plus grosse à cause de son contour, et non parce qu'il couvre davantage de doigt.
- Un rond renvoie la lumière de façon égale depuis toutes les directions. Un ovale a un grand axe, de sorte que sa lecture dépend en partie du sens dans lequel il est posé dans la bague.
- Un rond s'accorde à une monture calibrée du commerce sur une seule mesure ; une forme fantaisie doit s'accorder sur deux.
- Un rond coûte en général plus cher au carat, parce qu'il a consommé davantage de brut.
- Dans une matière fortement saturée, les deux se ressemblent beaucoup. Dans une pierre plus pâle, la profondeur de la pierre individuelle compte davantage que son contour.
Si vous voulez que la pierre paraisse grosse au doigt : l'ovale. Si vous voulez un retour de lumière homogène et la pierre la plus simple à sertir et à remonter : le rond. Les deux sont de vrais bons choix pour une bague de fiançailles en saphir ; la bonne réponse dépend des qualités qui comptent le plus pour celle qui la portera.
Pourquoi cette comparaison s'arrête à deux formes que nous vendons toutes les deux
La forme que prend cette comparaison tient à une règle française, et elle explique du même coup une absence.
La publicité comparative est encadrée par l'article L122-1 du code de la consommation, qui transpose la directive 2006/114/CE, et la condition décisive est que la comparaison soit vérifiable, objective, et portée sur des caractéristiques essentielles du produit.
Comparer le rond et l'ovale satisfait cette condition : ce sont deux produits que nous proposons, les caractéristiques comparées sont la surface apparente, le retour de lumière, le calibrage et la consommation de brut, et chacune se contrôle sur une pierre réelle. Une comparaison dont le terme de comparaison n'est pas nommé, en revanche, ne peut jamais être vérifiable — c'est sa nature même. Dès lors que l'autre terme est une classe laissée indéterminée, il n'existe aucun spécimen que l'on pourrait produire pour contrôler l'affirmation, et la condition de L122-1 est manquée par construction, et non par maladresse.
C'est pour cette raison que cette page n'affirme rien sur ce que d'autres vendeurs, joailliers, ateliers, assureurs ou laboratoires font, facturent, détiennent, déclarent ou refusent. Ne pas nommer n'est pas une échappatoire : c'est précisément ce qui rend l'affirmation incontrôlable.
Et pour la même raison, nous n'établissons aucun classement entre les formes. Ce n'est pas un classement.
La même règle vaut pour la provenance, qui revient sur chaque fiche de pierre ronde. L'origine n'est pas un critère de qualité. L'endroit où une pierre s'est formée et l'aspect qu'elle a sont deux constats distincts, et tarifer l'un comme si c'était l'autre est une habitude dont il vaut la peine de se défaire.
Nous achetons nous-mêmes nos saphirs ronds, la plupart au Sri Lanka et certains à Madagascar, et chaque fiche indique l'origine de la pierre, son traitement, ainsi que le laboratoire et le numéro de rapport lorsqu'elle en a un — et dit simplement lorsqu'elle n'en a pas. Chaque pierre est photographiée individuellement. Une vidéo personnelle de n'importe quelle pierre est disponible sur demande.
Voir les saphirs ronds de Crescent Gems →
L217-5 I 6° : une allégation publique devient un critère de conformité
C'est l'article qui décide de ce qu'un vendeur français peut écrire sur la solidité d'une pierre, et il est plus contraignant qu'il n'y paraît.
L'article L217-5 du code de la consommation énumère les critères auxquels un bien doit répondre pour être conforme. Son I 6° fait entrer dans ces critères le fait que le bien corresponde à la quantité, à la qualité et aux autres caractéristiques, y compris en termes de durabilité, et il précise que cela s'apprécie eu égard aux déclarations publiques faites par le vendeur, y compris dans la publicité ou sur l'étiquetage.
La portée est plus large qu'un lecteur ne l'attend. Une phrase sur la solidité d'une pierre, publiée par le vendeur sur son propre site, n'est pas un argument de communication : c'est une déclaration publique qui entre dans les critères de conformité du bien vendu. Écrire qu'un saphir rond « ne craint rien » ou qu'il « se porte sans précaution » ne serait pas de l'enthousiasme : ce serait une promesse opposable, et c'est contre elle que la conformité s'apprécierait ensuite.
Le II donne au vendeur trois échappatoires — ignorer la déclaration et ne pas avoir pu raisonnablement en avoir connaissance, l'avoir rectifiée avant la conclusion du contrat, ou démontrer qu'elle n'a pas pu influencer la décision d'achat. Aucune n'est confortable pour quelqu'un qui a écrit la phrase lui-même sur sa propre page.
Le III est la contrepartie, et c'est la justification française de notre propre politique : le consommateur ne peut pas contester la conformité en invoquant un défaut portant sur une caractéristique dont il a été spécifiquement informé et à l'écart de laquelle il a expressément et séparément consenti lors de la conclusion du contrat. C'est exactement la raison pour laquelle le traitement, l'origine, les dimensions et la présence ou l'absence de rapport figurent sur chaque fiche produit, avant l'achat, et non dans un article.
D'où la règle que nous nous donnons : chaque affirmation de solidité ici est bornée à ce qu'elle couvre. Le saphir est à 9 sur l'échelle de Mohs, et cela porte sur la rayure et l'abrasion. Il n'a pas de clivage, et il a une séparation (parting). Il s'ébrèche au rondiste. Une phrase bornée est une attente bornée, et une attente bornée est ce qu'un acheteur et un vendeur peuvent tous deux tenir.
Usure normale ou défaut de conformité : les articles L217-3 et suivants
La question que se pose réellement quelqu'un dont la bague a bougé n'est pas « la pierre est-elle dure ? » mais « qui paie ? ». En droit français, la charnière n'est pas une sorte de dommage : c'est un moment, celui de la délivrance.
L'article L217-3 met à la charge du vendeur les défauts de conformité qui existaient à la délivrance et qui apparaissent dans un délai de deux ans. L'article L217-7 ajoute la présomption qui fait tout le travail en pratique : les défauts apparaissant dans un délai de vingt-quatre mois à compter de la délivrance sont présumés exister au moment de la délivrance — douze mois pour un bien d'occasion. La présomption comporte une réserve : elle ne s'applique pas lorsqu'elle est incompatible avec la nature du bien ou du défaut invoqué.
Ce tableau trie les constats qui se produisent réellement sur une bague montée d'un saphir rond.
| Le constat |
La qualification probable |
| Le rhodiage de l'or gris s'est usé et le jaune du métal reparaît par endroits |
Usure normale. Le rhodiage est une couche de finition ; elle s'use à l'usage. Un rhodiage se refait. |
| Le platine a pris une patine mate |
Usure normale. C'est le comportement attendu du métal. |
| Une griffe était déjà travaillée trop mince à la livraison et cède |
Défaut de conformité probable. La faiblesse existait à la délivrance, et dans les vingt-quatre mois la présomption de L217-7 joue pleinement. |
| Une soudure n'avait pas été exécutée |
Défaut de conformité. C'est un défaut d'exécution, présent dès l'origine. |
| Un éclat au rondiste apparaît après un choc identifiable |
En règle générale, pas un défaut de conformité. La séparation (parting) est une propriété du matériau et le choc est postérieur à la délivrance : l'événement explique le constat mieux qu'un défaut initial. Dire le contraire serait flatteur et faux. |
| Le chaton n'est pas au diamètre de la pierre et elle joue dès la remise |
Défaut de conformité. Sur un rond calibré, le diamètre est une donnée unique et vérifiable. |
| Le traitement, la dénomination de la taille ou les dimensions diffèrent de ce qui a été indiqué |
Défaut de conformité. Ce qui a été déclaré fait partie de ce qui a été vendu, et la dénomination de la taille en fait partie. |
Trois lignes disent « en règle générale » ou « probable », et c'est volontaire : nous ne pouvons pas vous remettre une solution juridique toute faite, parce que la qualification dépend de constats que nous n'avons pas sous les yeux.
La suite des textes : L217-9 ouvre le choix entre la réparation et le remplacement, L217-11 impose que la mise en conformité se fasse sans aucun frais pour le consommateur, L217-13 ajoute six mois à la garantie légale pour un bien réparé, et L217-17 donne quatorze jours au vendeur pour rembourser après résolution.
La conclusion utile n'est pas un intervalle de contrôle, parce qu'il n'en existe aucun de publié : c'est qu'un défaut d'exécution se démontre beaucoup plus facilement tant que la présomption de L217-7 court encore. Faire regarder une bague tôt n'est pas une précaution d'entretien, c'est une précaution de preuve.
Le droit de rétractation : la pierre seule et la bague faite pour vous
Les deux cas n'ont pas le même régime, et la différence porte précisément sur les gestes décrits plus haut.
L'article L221-18 donne quatorze jours pour se rétracter d'un achat à distance, sans motif. Une pierre nue achetée sur catalogue relève de ce droit ordinaire.
L'article L221-28 3° écarte le droit de rétractation pour les biens confectionnés selon les spécifications du consommateur ou nettement personnalisés. L'exclusion s'interprète restrictivement : choisir parmi des options standard ne suffit en général pas à la déclencher, tandis qu'une gravure ou une monture conçue autour d'une pierre précise s'en rapproche. Nous citons cet article modestement : nous ne l'avons pas vérifié mot pour mot à la source dans cette session, et nous le signalons plutôt que de le présenter comme un acquis.
L'article L221-23 est celui qui compte en pratique, parce qu'il définit ce que vous pouvez faire de la pierre pendant ces quatorze jours sans engager votre responsabilité : vous pouvez l'examiner comme vous le feriez en boutique. Traduit en gestes, pour une pierre ronde :
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Oui : la regarder, la poser table en haut sur une feuille blanche pour chercher la fenêtre, la tenir à la lumière, la passer à la loupe, l'essayer, la comparer à une autre.
-
À différer : la faire sertir, la faire graver, la faire mettre à la taille de doigt, la porter une semaine.
C'est exactement l'examen décrit plus haut : la fenêtre, l'extinction, la symétrie et la régularité du rondiste se voient tous dans la main, sans instrument et sans rien mesurer.
Le mot carat veut dire deux choses
Sur un devis de bague, le mot apparaît deux fois dans deux sens différents, et la confusion coûte cher.
-
Pour la pierre, le carat est une masse : un carat vaut 0,2 gramme.
-
Pour le métal, le carat est un titre : 18 carats correspond à 750 millièmes, 14 carats à 585 millièmes.
Une bague « un carat en 18 carats » est donc parfaitement cohérente : le premier chiffre pèse la pierre, le second titre l'or. Le titre du métal se lit sur le poinçon frappé à l'intérieur de l'anneau, et c'est là qu'il faut le chercher plutôt que dans la description.
Le traitement : ce que le décret n° 2002-65 demande de déclarer
Cette page a dit plus haut que « non chauffé » ne veut pas dire « non traité ». Le décret du 14 janvier 2002 est l'instrument qui dit ce qu'une déclaration de traitement couvre, et ce qu'elle ne couvre pas.
Son article 2 impose d'indiquer l'opération subie, et il en nomme cinq : l'irradiation ; le traitement au laser ; la teinture ; la diffusion de surface ; le comblement. Cinq, et non deux : l'idée qui circule selon laquelle le texte réserverait la mention « traité » à la diffusion et au comblement est fausse.
Son article 3 dispense de la mention certaines pratiques lapidaires traditionnelles, dont le traitement thermique — mais la dispense est conditionnelle, et la condition se lit dans le texte : elle vaut lorsque les résidus de surface ne produisent aucune rupture de réflexion visible à la loupe 10×. Là où une telle rupture est visible, la dispense ne s'applique pas. Nous avons publié par le passé la lecture inconditionnelle de cet article et nous l'avons retirée en septembre 2026.
Son article 9 est une clause de portée : il dit où les règles s'appliquent — jusqu'à tout document commercial ou publicitaire se référant à la pierre — et non quelles règles existent. L'article 9 ne crée pour autant aucune obligation de dénomination, et nous ne lui en ferons pas dire une.
Pour une pierre donnée, la réponse est sa fiche produit et non un article.
Questions fréquentes
Un saphir rond convient-il à une bague de fiançailles ?
Cela dépend de ce que vous attendez de la pierre. Un rond renvoie la lumière de façon égale depuis toutes les directions et se place dans une monture calibrée du commerce, ce qui le rend simple à sertir et à remonter. Il coûte en général plus cher au carat qu'un ovale ou un coussin, parce que tailler un rond écarte une plus grande part du brut. Laquelle de ces deux choses compte le plus revient à celle qui portera la bague.
Comment la taille ronde agit-elle sur la couleur d'un saphir ?
La profondeur de taille agit sur la quantité de couleur que vous voyez de dessus, et les ronds sont taillés dans une large plage de profondeurs. Une pierre de ton clair peut se lire plus pâle encore en rond : entre deux pierres, la plus saturée est donc en général le choix le plus sûr dans ce contour. Aucun laboratoire ne note la couleur d'un saphir, de sorte que c'est notre propre observation et non une valeur notée.
Pourquoi un saphir rond coûte-t-il parfois plus cher ?
Tailler un rond écarte une plus grande part du brut que suivre l'allongement naturel du cristal, de sorte que le même morceau de brut donne un rond plus petit qu'il n'aurait donné un ovale. Cela se traduit par un prix au carat plus élevé. De combien dépend de la pierre, et chaque pierre est tarifée sur sa propre fiche.
Un saphir rond est-il assez résistant pour un port quotidien ?
Le saphir est à 9 sur l'échelle de Mohs, et l'échelle de Mohs ne mesure que la résistance à la rayure et à l'abrasion : elle ne dit rien de l'ébréchure. Le corindon n'a pas de clivage, mais il a des plans de faiblesse selon lesquels il peut se détacher, et un saphir s'ébrèche au rondiste ou sur une pointe. Un contour rond n'a pas de pointe, et son rondiste fait tout le tour de la pierre : c'est donc le rondiste que la monture doit prendre en charge.
À qui convient un saphir rond ?
À quelqu'un qui veut un retour de lumière homogène sous tous les angles et, des deux contours, celui qui est le plus simple à sertir et à remonter. Si vous voulez que la pierre paraisse grosse au doigt, un ovale du même poids le fera mieux : un contour allongé se lit plus grand qu'un contour compact couvrant la même surface.
Existe-t-il une note de taille pour un saphir ?
Non. Le GIA écrit qu'il n'attribue pas de note et ne réalise pas d'analyse de qualité pour le saphir ni pour les autres pierres de couleur. Le LMHC n'a publié aucune fiche d'information couvrant la qualité de taille d'une pierre de couleur, et la CIBJO définit la catégorie sans aller plus loin. Il y a en outre une raison matérielle à cette absence : il n'existe pas de proportion cible commune à toutes les couleurs, puisqu'une pierre pâle et une pierre fortement saturée ne demandent pas la même profondeur. Nous ne publions donc ici aucun seuil chiffré, dans aucune direction.
À poids égal, un saphir ovale paraît-il plus grand qu'un saphir rond ?
Il le paraît, mais il ne couvre pas davantage de surface. À poids égal, un rond et un ovale occupent presque la même surface vue de dessus. L'ovale se lit comme la pierre la plus grosse parce qu'un contour allongé paraît plus grand qu'un contour compact de surface égale. Si vous voulez que la pierre paraisse grosse au doigt, c'est la raison de choisir un ovale, et non une différence de surface couverte.
En France, le mot diamant peut-il désigner une autre pierre ?
Non. Le décret du 14 janvier 2002 réserve le mot diamant, employé seul, au diamant naturel. Une pierre fabriquée ne peut être désignée en France que par diamant synthétique ou diamant de synthèse, et le ministère de l'Économie et des Finances a décidé le 26 octobre 2023 de ne pas modifier le décret sur ce point. Un saphir blanc est donc un saphir : nous comparons les deux matériaux, leur indice de réfraction et leur dispersion, sans employer pour l'un le nom de l'autre.
Un éclat au rondiste après six mois est-il un défaut de conformité ?
Probablement pas, s'il suit un choc identifiable. La charnière en droit français n'est pas la sorte de dommage mais le moment : l'article L217-3 met à la charge du vendeur les défauts qui existaient à la délivrance. Le corindon se détache selon des plans de faiblesse, c'est une propriété du matériau, et un choc postérieur explique le constat mieux qu'un défaut initial. En revanche une griffe travaillée trop mince dès la livraison est un défaut, et dans les vingt-quatre mois la présomption de l'article L217-7 joue pleinement.
Pourquoi cette page ne publie-t-elle aucune fourchette de prix ?
Parce qu'une fourchette vieillit et que la nôtre décrirait notre propre stock plutôt qu'un taux de marché. Il y a aussi une raison française : l'article L121-4 du code de la consommation range parmi les pratiques réputées trompeuses le fait de communiquer des informations matériellement inexactes sur les conditions de marché. Une fourchette au carat que nous ne pourrions pas sourcer est une information de cette nature. Chaque pierre est tarifée sur sa propre fiche, et ces prix sont les prix du moment.
Pour aller plus loinRevenez au
guide d'achat du saphir pour le tableau d'ensemble : couleur, origine, traitement, certificat et prix, tout ce qu'il faut pour acheter une pierre nue en confiance.
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